Présidentielle 2027 : la dernière tentative de Marine Le Pen ?

Présidentielle 2027 : la dernière tentative de Marine Le Pen ?

Marine Le Pen a été condamnée mardi 7 juillet à une peine d’un an d’emprisonnement ferme à purger sous surveillance électronique. Alors qu’elle avait déclaré ne pas vouloir s’engager dans une campagne électorale avec le port d’un tel dispositif, la cheffe du Rassemblement National (RN) a annoncé qu’elle se présenterait au scrutin présidentiel d’avril 2027. Cette décision est probablement motivée le besoin de tenter sa dernière chance, après trois échecs sur la route de l’Elysée.

Le mardi 7 juillet, la cour d’appel de Paris a rendu son verdict dans l’affaire des assistants parlementaires d’eurodéputés du Front national (ancienne appellation du Rassemblement National). Elle a condamné Marine Le Pen à trois ans de prison, dont un ferme aménageable sous bracelet électronique. En première instance, le 31 mars 2025, la cheffe de file du parti d’extrême droite avait été condamnée à quatre ans d’emprisonnement, dont deux ferme, 100 000 euros d’amende et, surtout, une peine d’inéligibilité de cinq ans avec exécution immédiate. Elle s’en sort donc plutôt bien.

Marine Le Pen va se présenter à la présidentielle, même avec un bracelet électronique

Avec cette réduction de peine, Marine Le Pen peut théoriquement concourir à toute élection à venir, dont l’élection présidentielle du 18 avril 2027. Se saisissant de cette chance inespérée, la députée d’Hénin-Beaumont a annoncé ce même mardi qu’elle allait se lancer une nouvelle fois à la course à l’Elysée. « Ce soir, je suis candidate à l’élection présidentielle », a-t-elle déclaré dans le JT de 20H de TF1. L’ex conseillère départementale du Pas-de-Calais assure qu’elle « ne changerai(t) pas d’avis » en dépit du risque de voir sa peine confirmée d’ici quelques mois, avec le pourvoi en cassation.

Édouard Philippe ne comprend pas le choix de Marine Le Pen

Ce pourvoi en cassation vise à prouver son innocence et en même temps à éviter de porter le bracelet électronique. Mais il ne changerait rien à sa résolution : se présenter au prochain scrutin présidentiel. Marine Le Pen pourrait alors renier ses propres engagements. Elle avait déclaré ne pas vouloir concourir à l’Elysée en cas de surveillance électronique. Son obstination n’enchante guère ses opposants. Édouard Philippe, candidat à la présidentielle 2027 et ancien Premier ministre, ne comprend pas son choix de se porter candidate. Il rappelle qu’elle a exprimé par le passé « tout le mépris qu’elle portait à celles et ceux qui avaient pu avoir maille à partir avec la justice ».

Une « délinquante » pour Boris Vallaud (PS)

Le patron des députés du Parti socialiste, Boris Vallaud, lui, a qualifié Marine Le Pen de « délinquante » car « coupable de détournement de fonds publics ». Pour sa part, la cheffe des Écologistes Marine Tondelier, candidate déclarée à la présidentielle de 2027, juge le port du bracelet électronique « peu compatible » avec une candidature. Quant au leader de LFI Jean-Luc Mélenchon, également candidat déclaré, il juge essentiel de « débarrasser le pays du RN », « quelle que soit la candidature », Le Pen ou Bardella. Interrogé depuis la Syrie, où il effectue une visite d’Etat, le président Emmanuel Macron a refusé de s’exprimer à chaud.

La quatrième tentative sera-t-elle la bonne pour Marine Le Pen ?

Pour Marine Le Pen, c’est peut-être le moment ou jamais de prendre l’Elysée. À 57 ans, ce sera sa quatrième tentative après 2012, 2017 et 2022. La cheffe de file du RN s’était hissée deux fois au deuxième tour lors des deux derniers scrutins, après avoir réussi à dédiaboliser son parti. Aujourd’hui, sa formation politique est la principale force à l’Assemblée nationale avec 122 députés et elle peut s’appuyer dessus pour enfin l’emporter l’année prochaine. Si elle n’est pas candidate, son dauphin Jordan Bardella, 30 ans, porterait la voix de l’extrême droite.

Jordan Bardella peut attendre son heure

Dans l’un ou l’autre des cas, tous les récents sondages placent son parti à la tête du premier tour. Mais avec 32% des voix si c’est Marine Le Pen qui se présente et 35% si c’est son bras droit Jordan Bardella. En cas de candidature et de victoire, Marine Le Pen promet de nommer le jeune député européen comme Premier ministre. Si certains peuvent y voir une maigre consolation pour le jeune loup, à qui l’Elysée tend grandement les bras, il va falloir être raisonnable. Jordan Bardella a construit sa notoriété sous l’aile protectrice de Marine Le Pen. Il doit donc attendre sagement son heure. Rien ne presse à son âge.