L’euro en baisse face aux incertitudes politiques et économiques
Depuis plusieurs jours, l’euro traverse une période de turbulences, pénalisé par les tensions géopolitiques, les difficultés budgétaires françaises et la vigueur du dollar américain. Ce lundi 19 octobre 2026, la monnaie unique européenne est tombée jusqu’à 1,116 dollar, son plus bas niveau depuis mai 2025, avant de se redresser légèrement autour de 1,12 dollar. Cette dépréciation, qui touche également plusieurs autres devises, suscite des interrogations sur l’évolution du marché des changes dans les prochaines semaines.
L’euro traverse une mauvaise période. Depuis plusieurs jours, la monnaie unique de l’Union européenne recule face à la plupart des principales devises mondiales, notamment le dollar, le franc suisse et le yen. Ce lundi 19 octobre 2026, elle est tombée jusqu’à 1,116 dollar, son plus bas niveau depuis mai 2025, avant de se redresser légèrement autour de 1,12 dollar. Cette dépréciation s’explique en partie par l’aggravation des tensions en Ukraine, où les déclarations de Volodymyr Zelensky concernant les pressions américaines sur Kiev ont ravivé les inquiétudes des investisseurs.
L’euro fragilisé par la politique de Donald Trump en Ukraine
Donald Trump a annoncé, le vendredi 9 octobre, un accord visant à importer du gazole (diesel) russe pour faire baisser les prix à la pompe aux États-Unis avant les élections de mi-mandat du 3 novembre. Une semaine plus tard, le président américain a signé un décret pour suspendre l’application de nouvelles sanctions et de surtaxes douanières contre la Russie, prévues par la loi Graham (promulguée mi-septembre 2026). Dans la foulée, il a vivement critiqué son homologue ukrainien, l’accusant de « ne pas vouloir mettre fin » au conflit avec la Russie, en raison des nombreuses aides financières reçues des alliés.
La monnaie européenne subit les conséquences des crises internationales
Outre la politique de Donald Trump en Ukraine, les tensions au Proche-Orient nourrissent l’incertitude, tandis que les risques de hausse des prix de l’énergie menacent la croissance européenne et alimentent l’inflation. Dans ce contexte, les investisseurs privilégient les valeurs refuges, particulièrement le dollar, dont la progression est également soutenue par la résistance de l’économie américaine et les anticipations de taux d’intérêt élevés. À ces difficultés internationales s’ajoute la situation politique et financière en Europe, celle de la France en particulier. La deuxième économie de l’UE (derrière l’Allemagne) fait face à des manifestations violentes d’élèves et d’étudiants, rejoints par des partis politiques et des syndicats mobilisés contre la hausse du coût de la vie.
Des incertitudes sur le budget 2027 fragilisent également l’euro
Les mobilisations lycéennes et les tensions sociales compliquent la mise en œuvre des mesures d’assainissement budgétaire. De plus, l’absence de majorité parlementaire stable et les incertitudes liées à l’élection présidentielle de 2027 renforcent les inquiétudes des marchés. Le projet de budget prévoit un effort de 54 milliards d’euros afin de ramener le déficit public à 5 % du produit intérieur brut en 2027. Toutefois, les investisseurs doutent de sa capacité à résoudre durablement les déséquilibres financiers de la France. L’écart de rendement entre les obligations françaises et allemandes à dix ans s’est d’ailleurs nettement creusé, traduisant une hausse du risque perçu. Cette situation fragilise l’euro, les marchés anticipant également une moindre marge de manœuvre pour la Banque centrale européenne (BCE).
Quelles perspectives pour les prochaines semaines ?
À court terme, l’évolution de l’euro dépendra principalement de trois facteurs : le vote du budget français, la réunion de la BCE du 29 octobre et les décisions monétaires américaines. Si les débats budgétaires échouent à rassurer les investisseurs, la monnaie unique pourrait descendre vers 1,11 dollar, voire 1,10 dollar en cas d’aggravation des tensions financières. À l’inverse, un compromis politique crédible pourrait favoriser un redressement. Les décisions de la BCE seront également déterminantes, notamment si l’institution ajuste ses perspectives de taux face aux risques d’inflation et au ralentissement économique. Enfin, une accalmie géopolitique et une baisse des prix de l’énergie pourraient soutenir la devise européenne.
