Canal+ renforce ses liens avec le cinéma français et européen

Canal+ renforce ses liens avec le cinéma français et européen

Deux mois après la tribune contre son actionnaire de référence, Vincent Bolloré, Canal+ décide de passer l’éponge. Le groupe audiovisuel et les organisations du cinéma français ont conclu un nouvel accord, impliquant un investissement de près d’un milliard d’euros dans le cinéma français entre 2028 et 2032. Ce financement permettra de proposer aux abonnés les plus grands films français, européens et internationaux dès six mois après leur sortie en salles.

Canal+ réaffirme son rôle de premier partenaire financier du cinéma français. Son président du directoire, Maxime Saada, a annoncé lundi 27 juillet, sur le réseau social X, que le groupe investira près d’un milliard d’euros (980 millions d’euros) entre 2028 et 2032 dans le cinéma français et européen. C’est « un nouvel accord historique entre Canal+ et les organisations du cinéma français », s’est félicité le dirigeant. Parmi ces organisations figurent le BLIC (Bureau de liaison des industries cinématographiques) et l’ARP (Société civile des auteurs, réalisateurs et producteurs).

Canal+ va financer les films émergents et les films de la diversité

L’accord permettra à Canal+ de continuer à proposer à ses abonnés les plus grands films français, européens et internationaux dès six mois après leur sortie en salles. Maxime Saada précise qu’il renforcera le soutien du groupe aux nouveaux auteurs et aux nouvelles écritures, aux premiers films et aux talents émergents, aux films de la diversité, aux films d’animation, aux films dits « du milieu », essentiels au renouvellement du cinéma français et à son équilibre économique, ainsi qu’aux œuvres les plus ambitieuses destinées à un large public. Le cinéma français « mérite d’être soutenu, financé et accompagné » et « c’est ce que nous faisons depuis plus de 40 ans », assure le patron de Canal+.

Les organisations signataires contentent d’ouvrir un nouveau cycle de coopération

De leurs côtés, les organisations signataires saluent l’esprit de responsabilité et de dialogue qui a présidé aux négociations et se réjouissent d’ouvrir un nouveau cycle de coopération au service de la création cinématographique. Elles appellent à poursuivre les travaux engagés avec l’ensemble des acteurs afin de préserver une chronologie des médias ambitieuse, indispensable au financement de la création et à la pérennité du 7e art français. Cette déclaration sonne comme l’acte de réconciliation entre les professionnels du cinéma et Canal+, deux mois après la tribune anti Vincent Bolloré, actionnaire principal du groupe de médias.

Maxime Saada n’a pas apprécié la tribune anti Vincent Bolloré

Maxime Saada avait annoncé, le 16 mai dernier, qu’il ne souhaitait plus que son groupe, premier financeur du cinéma français, continue de travailler avec les professionnels du secteur qui ont signé une pétition contre son actionnaire de référence. Dans une tribune parue sur le site de Libération, au moment du Festival de Cannes, environ 600 professionnels du cinéma s’alarmaient de voir le milliardaire d’extrême droite acquérir 100% des parts du réseau de salles UGC d’ici à 2028.

Les signataires craignent que Canal+ prenne un jour le contrôle de ce que le spectateur UGC pourra regarder en priorité. « J’ai vécu cette pétition comme une injustice vis-à-vis des équipes Canal qui s’attachent à défendre l’indépendance de Canal+, et dans toute la diversité de ses choix. », avait commenté Maxime Saada.

Canal+ a investi 155 millions d’euros dans le cinéma français en 2025

Canal+ est un groupe de média et de divertissement mondial, leader en Europe et en Afrique, grâce à ses plus de 40 millions d’abonnés dans plus de 70 pays. Avec 155 millions d’euros injectés en 2025 dans la production de longs-métrages, la firme est le principal financeur du cinéma français. Elle représente à elle seule 40 % du financement total des diffuseurs, loin devant France Télévisions (18 %) et les plateformes de streaming comme Netflix, Disney+, HBO Max ou Paramount+, qui apportent seulement 5,8 % des investissements.