Carburants : des aides renforcées, mais une réponse jugée insuffisante
Le gouvernement a annoncé mardi la prolongation jusqu’à la fin de l’année des aides ciblées contre la hausse des carburants et l’élargissement du dispositif à plus de personnes. Pourtant, 70 % des Français interrogés par l’institut Elabe jugent cette aide insuffisante. Ils demandent une baisse des taxes, même si cela aggrave le déficit ou demande des économies ailleurs.
Face à la flambée des prix des carburants et à la grogne générale, le gouvernement a annoncé mardi renforcer plusieurs mesures de soutien. En particulier, l’aide destinée aux « grands rouleurs », qui est prolongée jusqu’à la fin de l’année et élargie pour passer de 3 à 5,5 millions de bénéficiaires. D’un montant de 100 euros pour trois mois, soit l’équivalent de 40 centimes par litre, ce dispositif ne concerne toutefois pas les véhicules électriques ni les véhicules de fonction. En revanche, l’exécutif a également prolongé les aides sectorielles accordées aux pêcheurs, agriculteurs et entreprises du BTP.
Les aides sur les carburants ne satisfont pas les Français
Mais ces annonces ne satisfont pas encore les Français, qui s’inquiètent pour leur pouvoir d’achat. Selon une enquête de l’institut Elabe réalisée les 22 et 23 septembre 2026 pour BFMTV, 70 % d’entre eux jugent les mesures gouvernementales insuffisantes. Ils réclament une augmentation des montants ou un nouvel élargissement des bénéficiaires, même si ces choix devaient entraîner une hausse du déficit ou nécessiter des économies ailleurs. À l’inverse, 29 % considèrent que les mesures annoncées sont suffisamment ciblées (visent les personnes qui en ont le plus besoin) et que les contraintes budgétaires de l’État limitent la possibilité de nouvelles dépenses.
Les Français anticipent une nouvelle hausse des prix des carburants
Qu’ils soient satisfaits ou non, 77 % des Français interrogés anticipent une nouvelle hausse des prix des carburants dans les prochaines semaines. Le prix moyen atteint actuellement 2,21 euros le litre pour le SP95, 2,10 euros le litre pour le SP95-E10 et 2,34 euros le litre pour le gazole, alors que le seuil tolérable pour eux est de 1,95 euro le litre en moyenne. Cette flambée pèse déjà sur leurs habitudes de consommation. Près de huit Français sur dix déclarent avoir renoncé à au moins une dépense pour des raisons financières. Sans surprise, le shopping, les sorties et les vacances sont les premiers sacrifiés, devant les achats alimentaires et l’utilisation de la voiture.
Exclus des aides, les transporteurs routiers menacent
Si les particuliers sont peu satisfaits des annonces du gouvernement, les professionnels le sont davantage. En premier lieu les transporteurs routiers. Contrairement à plusieurs secteurs d’activités, les entreprises de transport ne bénéficient pas de la nouvelle aide destinée aux grands rouleurs, alors que tous vivent les mêmes difficultés. L’Organisation des transporteurs routiers européens (OTRE) et la Fédération nationale des transporteurs routiers (FNTR) dénoncent une différence de traitement et envisagent des actions de mobilisation.
Vers une nouvelle grève de « gilets jaunes » ?
Les syndicats contestent notamment l’argument mis en avant par le gouvernement, selon lequel les transporteurs routiers pourraient répercuter la hausse du carburant sur leurs clients. Selon eux, cette proposition de l’exécutif témoigne de sa méconnaissance du métier. L’OTRE et la FNTR rappellent leurs difficultés à augmenter leurs tarifs dans un contexte de ralentissement économique. Pour elles, il est hors de question que les transporteurs routiers restent sur le carreau. Une réunion se tiendra lundi pour décider de l’orientation à prendre, y compris des actions dans la rue. Les prochaines semaines s’annoncent donc chaudes, avec le risque d’un nouveau mouvement de « gilets jaunes ».
