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Les agriculteurs lèvent le siège de l’Assemblée nationale

 

Tôt ce matin, les agriculteurs ont levé le siège de l’Assemblée nationale après avoir passé la nuit devant le bâtiment. Ils avaient refusé de quitter les lieux mardi soir, alors que Sébastien Lecornu avait fait des annonces plus tôt dans la journée. Le Premier ministre a promis une loi d’urgence agricole portant sur plusieurs priorités, dont l’eau, la prédation et les moyens de production.

Ce mercredi matin à 4h du matin, les agriculteurs ont levé leur camp devant l’Assemblée nationale, après avoir passé la nuit sur place. Les protestataires de la FNSEA, des FDSEA et des JA (Jeunes Agriculteurs) ont quitté Paris à bord de leurs tracteurs, direction la campagne. Mais dans le reste de la France, comme à Toulouse, les manifestations (blocage de voies notamment) se poursuivent aujourd’hui.

Sébastien Lecornu fait plusieurs promesses

Mardi soir, les syndicats agricoles avaient refusé de lever le siège de l’Assemblée nationale malgré les annonces du Premier ministre. Sébastien Lecornu. Le locataire de Matignon a annoncé, plus tôt dans la journée, une loi d’urgence agricole portant sur plusieurs priorités, dont l’eau, la prédation et les moyens de production. Ce texte, dit-il, « sera inscrit à l’ordre du jour du Conseil des ministres au mois de mars et sera ensuite examiné par le Parlement avant l’été ».

Le chef du gouvernement a précisé qu’un « cap clair » sur la politique de l’eau sera « fixé d’ici le salon » de l’Agriculture qui se tiendra du 21 février au 1er mars. Il promet également d’adopter un moratoire sur toutes les décisions relatives à cette question de l’eau d’ici septembre. Sébastien Lecornu prévoit enfin d’organiser des réunions pour étudier « les possibilités de dérogation » à la directive européenne sur les nitrates, qui encadre notamment les épandages d’engrais dans les exploitations.

Les agriculteurs sont restés devant l’Assemblée nationale pour la nuit malgré les promesses du Premier ministre

Ces promesses s’ajoutent à un paquet de « 300 millions d’euros » inclus dans le budget et plusieurs autres mesures déjà égrainées ces dernières semaines par le gouvernement pour répondre à la crise agricole. Elles répondent quasiment point par point à plusieurs demandes de la FNSEA et des JA, et ont même été saluées dans un premier temps par les syndicats ce mardi.

Alors que l’exécutif attendait à leur départ, les organisations ont fait volte-face. La Confédération paysanne, qui avait emmené des tracteurs à Paris vendredi dernier, a dénoncé dans un communiqué des demandes de la FNSEA sur l’eau qui ne « répondent pas à la colère » des agriculteurs. Aussi, l’organisation déplore des différences de traitement entre syndicats de la part du gouvernement.

Le sujet de la trésorerie n’a pas été réglé avec Annie Genevard

Damien Greffin, l’un des vice-présidents de la FNSEA, a déclaré pour sa part : « On a décidé, après consultation des délégations, de rester ici pour la nuit » afin de « mener un dernier combat ». Il a dit vouloir « remonter au créneau » sur le « sujet de trésorerie, actuellement en discussion » avec Annie Genevard. Mais rien ne sortira des discussions avec la ministre de l’Agriculture. « On est au bout du bout, ça fait trois ans qu’on ne dégage pas de revenu sur nos exploitations. Les politiques sont incapables de nous donner un cap », a alerté de son côté Guillaume Moret, responsable FNSEA en Ile-de-France.

Les agriculteurs dénoncent l’accord UE-MERCOSUR

Depuis début décembre 2025, les agriculteurs manifestent dans toute la France, en bloquant des ports et des autoroutes, pour dénoncer notamment la gestion de l’épidémie de dermatose et maintenant l’accord UE-MERCOSUR, proche d’être paraphé. La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen doit s’envoler ce samedi pour le Paraguay afin de signer définitivement ce traité de libre-échange avec des pays d’Amérique du Sud.

Cet accord commercial, qui doit ouvrir un vaste marché de 700 millions de consommateurs aux entreprises européennes et sud-américaines, est fortement décrié par les producteurs de l’UE. Ceux-ci craignent une concurrence déloyale en raison des prix bas des produits sud-américains qui ne respectent aucune norme sanitaire et environnementale.