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Procès en appel du RN : Marine Le Pen fixé sur son sort en juillet

Marine Le Pen connaîtra son sort judiciaire, et donc son avenir politique, le 7 juillet prochain. Mercredi 11 février, la Cour d’appel de Paris s’est donné cinq mois pour statuer dans le dossier des assistants des eurodéputés du RN. Le parquet a requis 4 ans de prison et 5 ans d’inéligibilité. Si cette peine est confirmée, la cheffe de file de l’extrême droite française ne pourra pas se présenter une quatrième fois à la présidentielle.

L’avenir judiciaire et politique de Marine Le Pen sera connu dans cinq mois. Mercredi 11 février, la Cour d’appel de Paris s’est donné cinq mois pour statuer dans le dossier des assistants parlementaires du Rassemblement national (RN), ex Front national (FN). Dans ce procès en appel débuté le 13 janvier, la cheffe de file de l’extrême droite et dix autres cadres de sa formation politique sont accusés d’avoir fait embaucher des assistants parlementaires européens fictifs. En première instance, la députée de la 11e circonscription du Pas-de-Calais avait été condamnée à deux ans de port de bracelet électronique et cinq ans d’inéligibilité avec exécution immédiate.

Le temps est compté pour Marine Le Pen

Le report de la décision de la Cour d’appel de Paris ne fait pas les affaires de Marine Le Pen. Plus ça tarde et plus elle perd ses chances de participer à l’élection présidentielle de 2027. À présent, la présidente du RN espère une peine d’inéligibilité de moins de deux ans pour pouvoir se présenter à cet important rendez-vous électoral, au moment où son parti est en tête de tous les sondages au premier tour, et de loin devant les autres formations politiques. « Les magistrats ont le sort de la présidentielle entre leurs mains », a reconnu un porte-parole du RN. Quant à l’avocat de Marine Le Pen, il a affirmé à la fin de sa plaidoirie : « Ma cliente vous confie l’ouvrage de sa vie ».

Jordan Bardella, un très bon remplaçant

Marine Le Pen a déjà échoué trois fois à l’élection présidentielle. La dernière fois, en 2022, elle aurait pu gagner si la gauche et la droite n’avait pas soutenu la majorité au pouvoir au sein d’un front commun anti-RN. Ce serait un coup dur pour elle si la Cour d’appel de Paris confirmait les peines prises en première instance. Il lui faudrait alors attendre la présidentielle de 2032, sans la certitude de pouvoir encore rallier du monde.

Entre temps, la géographie politique aurait changé. Son bras droit, Jordan Bardella, pourrait devenir le nouveau leader du RN en son absence. C’est d’ailleurs lui qui devrait la remplacer en tant que candidat à l’élection de 2027. La plupart de ses soutiens voit dans sa disqualification un mal pour un bien puisque Bardella, jeune homme fringant et charmant, séduit davantage l’électorat (jeune et féminin surtout).

Donald Trump au secours de Marine Le Pen

Mais Marine Le Pen peut encore espérer une clémence des juges pour obtenir une peine de moins de deux ans. La cheffe de file du RN pourra peut-être aussi compter sur une pression des États-Unis pour s’en sortir à moindre frais. D’après l’hebdomadaire allemand « Der Spiegel », l’administration Trump envisagerait des sanctions contre les magistrats en cas de condamnation de Marine Le Pen.

« Si de tels faits étaient avérés ou devaient se réaliser, ils constitueraient une ingérence inacceptable et intolérable dans les affaires internes de notre pays, qui devrait provoquer la réprobation des pouvoirs publics », a alerté le président du tribunal judiciaire de Paris, Peimane Ghaleh-Marzban. En avril 2025, Donald Trump avait dénoncé une « chasse aux sorcières » menée par des « gauchistes européens qui se servent de l’arme judiciaire pour faire taire la liberté d’expression ».