Canicule : le congé climatique, une fausse bonne idée ?

Alors qu’une canicule précoce touche la France depuis quelques jours, la proposition de Marine Tondelier d’instaurer un congé climatique en France revient dans les débats. La patronne des Ecologistes préconise un congé de cinq jours par an pour protéger de la forte chaleur les travailleurs particulièrement exposés. Si certains y voient une bonne piste de réflexion, d’autres trouvent l’idée stupide.
Depuis le weekend dernier, la France enregistre des journées de forte chaleur avec un mercure à plus de 30°C voire 38°C. Ce sont des températures inhabituelles pour un mois de mai en Hexagone. Face à cette canicule précoce, Météo France a placé en vigilance orange plusieurs déplacements. Si la situation n’est pas encore inquiétante, SAMU – Urgences de France observe une augmentation des appels liés aux malaises et insolations.
La France n’est pas encore prête pour affronter les canicules
François Gemenne, un spécialiste du climat, note que cette situation de températures très élevées dès le mois de mai devient « la nouvelle norme et nécessite qu’on s’adapte ». Mais la France n’est pas encore prête, juge-t-il. « Il y a plein d’enjeux, par exemple, sur les bâtiments scolaires. Les écoles vont rouvrir, et ces chaleurs ne sont pas propices à l’apprentissage des enfants. On n’est pas prêts non plus sur la climatisation. On n’est pas prêts sur la rénovation des logements. Il y a plein de choses à faire », a déclaré le météorologue sur RMC.
Marine Tondelier propose un congé climatique pour protéger les travailleurs des canicules
Dans ce contexte, certaines voix remettent sur la table la proposition de Marine Tondelier, en attendant l’adaptation des bâtiments au changement climatique. À l’occasion du 1er-Mai, Marine Tondelier avait suggéré la création d’un congé climatique de cinq jours par an, pour protéger de la forte chaleur les travailleurs particulièrement exposés. La chef de file des Ecologistes destinent ce congé à ceux qui ne peuvent pas exercer en télétravail. Elle pense notamment aux travailleurs du BTP, de l’agriculture, de l’industrie et du tertiaire. Sur son blog, Marine Tondelier précise que ce congé vise à faire évoluer le droit, « en assumant que le climat est désormais une condition de travail à part entière ».
Le congé climatique, une bonne piste de réflexion pour certains
Pour François Gemenne, c’est une bonne piste de réflexion. « On s’est beaucoup moqués d’elle, mais elle pose un vrai sujet. Il va falloir adapter les horaires de travail notamment pour certains métiers en extérieur, pour éviter de risquer la santé des gens et que le travail ne devienne trop pénible. », estime le spécialiste du climat. Mais certains ne sont pas du même avis. Comme le journaliste et écrivain Eric Naulleau. Invité de l’émission Punchline sur CNEWS ce mardi 26 mai, il a affirmé que « cette vague de chaleur n’est qu’un prétexte » pour instaurer le congé climatique et que « cette députée (Marine Tondelier) représente une école de pensée qui est hostile au travail ».
Et une proposition « idiote, stupide » pour d’autres
Sur le plateau des Grandes Gueules, Charles Consigny considère pour sa part qu’« on est au cœur de la névrose française » avec cette proposition écologiste, qu’il juge « idiote, stupide ». L’essayiste dit constater « une espèce de haine du travail chez un certain nombre de gens aujourd’hui, de responsables politiques, de journalistes, de jeunes. ». Selon lui, ces « gens qui détestent le travail » essaient « par tous les moyens de l’éviter, de l’interdire, de permettre qu’on puisse s’y soustraire ou de le spolier. ». Il ne comprend pas cette attitude, d’autant qu’« il y a beaucoup de pays très performants où on travaille même par temps très chaud », notamment les Émirats arabes unis. Charles Consigny reconnaît toutefois que « ça implique de climatiser les bureaux ». Pour conclure, il prévient que la France deviendra « un pays du tiers monde » si elle impose un congé climatique.
Marine Tondelier s’est inspirée de l’Espagne pour proposer un congé climatique en France
L’autrice Flora Ghebali parait plus nuancée. Même si elle admet qu’elle n’aurait « pas proposé cette idée pour remettre l’écologie sur la table », la romancière pense que le « sujet est intéressant » dans un contexte de multiplication des canicules. La chroniqueuse prend l’exemple de l’Inde, qui organise chaque année des « confinements écologiques » à cause de la forte pollution de l’air dans ses grandes villes. Elle cite aussi l’Espagne, source d’inspiration de Marine Tondelier. Madrid avait instauré un congé climatique de 4 jours, à la suite des inondations meurtrières de 2024.



































