Travail le 1er mai : Lecornu promet une solution rapide pour les artisans

Alors que le débat sur le travail le 1er mai resurgit, Sébastien Lecornu a annoncé mercredi une solution rapide pour permettre aux boulangers et aux fleuristes d’ouvrir ce jour-là. Le Premier ministre a évoqué deux pistes : rester sur un périmètre très large des dérogations avec des négociations par branche, ou resécuriser juridiquement la convention collective des seuls boulangers artisanaux.
Doit-on élargir le travail le 1er mai aux salariés des commerces de proximité ? Le débat revient chaque printemps, sans qu’on ne trouve de solution. Cette année encore, le sujet remue syndicats, politiques et artisans. En attendant d’y apporter une réponse définitive, Sébastien Lecornu a promis mercredi « une solution négociée, sécurisante et pragmatique » dans les prochains jours pour les boulangers et fleuristes. C’était à l’occasion d’une séance des questions au gouvernement.
Sébastien Lecornu esquisse deux pistes
Le Premier ministre répondait au chef de file des sénateurs de l’Union centriste, Hervé Marseille. Celui-ci lui demandait si les boulangers allaient pouvoir « travailler l’esprit tranquille » le 1er mai 2026, et si l’exécutif « sera immobile et inutile » encore une fois, à un an de la présidentielle de 2027. Dans l’hémicycle du palais du Luxembourg, le chef du gouvernement a envisagé deux possibilités différentes. D’une part « l’éventualité de rester sur un périmètre très large des exceptions » avec « des négociations par branche qui devront ensuite être transposées dans la loi » dès 2027. D’autre part, l’idée de « resécuriser juridiquement la convention collective » des « seuls boulangers artisanaux ».
Une réforme du travail le 1er mai repoussée sine die
Deux jours auparavant, le lundi 13 avril, Sébastien Lecornu a repoussé sine die une proposition de loi permettant d’élargir le travail le 1er mai. Ce texte est soutenu par son parti Renaissance, la droite et l’extrême droite. Le Premier ministre estime cependant qu’il va « bien au-delà des boulangeries ou des fleuristes » avec « un décret d’exceptions de 13 pages » s’étendant notamment aux industries chimiques, raffineries et casinos. Se disant favorable à des discussions avec les commerces concernés, il a appelé à recentrer le débat pour ne pas avoir à attendre l’année prochaine. Syndicats et partis de gauche ont vivement critiqué la proposition de loi, contraignant l’exécutif à reporter son application après 2027.
Il existe des dérogations
Selon la loi, le 1er mai est un jour férié obligatoirement chômé et payé. C’est le seul dans ce cas en France. Mais le Code du travail autorise les établissements qui ne peuvent interrompre leurs activités à faire travailler leurs salariés ce jour-là. Le secteur de la santé fait partie des services concernés. Aussi, les patrons de certaines professions ont la possibilité d’ouvrir, mais seuls (sans leurs équipes), ou avec leurs familles et proches non-salariés. Celui qui enfreint la règle risque 750 euros d’amende par salarié en cas de contrôle (1 500 euros si c’est un mineur).
La CGT dit non au travail le 1er mai
« Le 1er mai n’est pas et ne sera jamais une journée à fort potentiel commercial. Tout n’est pas à vendre, et certainement pas le 1er mai », a déclaré Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT. Pour l’organisation syndicale, la solution réside dans l’augmentation des salaires, plutôt que le travail les jours fériés pour pallier l’inflation. Car, soutient-elle, si l’employé travaille les jours fériés ou les dimanches, c’est pour gagner de l’argent.
Cependant, un sondage commandé par la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) indique que près de trois Français sur quatre seraient favorables au travail le 1er mai. Leur raison ? Ils expliquent que cela permet d’augmenter le chiffre d’affaires pour les petits commerces et d’arrondir les rémunérations pour les salariés. Mais la plupart estime que cela devrait se faire sur la base du volontariat.




































