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Les Argentins face à la dollarisation de l’économie

La situation économique désastreuse pousse le pays d’Amérique du Sud à envisager, sous l‘impulsion d’un candidat peu orthodoxe, d’abandonner la monnaie locale au bénéfice du dollar américain.

L’Argentine va-t-elle reléguer le pesos, sa monnaie nationale, au profit de celle utilisée au pays de l’Oncle Sam ? La question presque inenvisageable il y a encore quelques années, est de plus en plus évoquée sur place et à l’étranger.

La raison ? Le positionnement comme favori à la présidentielle du 22 octobre 2023, de Javier Milei, un novice de la politique. Le candidat ultralibéral adepte des sorties incendiaires à l’encontre de l’establishment veut redonner à l’Argentine son rayonnement grâce à un certain nombre de projets.

Parmi ces derniers, figure en bonne place la dollarisation de l’économie. Autrement dit, faire du dollar américain la principale unité de compte, de réserve et de transaction de la deuxième plus grande économie d’Amérique du Sud.

Contexte morose

Il faut néanmoins se demander si l’Argentine est toujours ce géant économique autrefois vanté pour – au début du XXe siècle notamment – autant pour son agriculture florissante que son industrie minière très cotée à l’international.

En cause, une morosité croissante marquée par des crises successives ces dernières années. Une situation amplifiée par la crise du Covid-19. Le pays en est ainsi désormais à une inflation de plus de 130%. De quoi influencer défavorablement le pouvoir d’achat des consommateurs.

À cela s’ajoute un endettement particulièrement élevé – 114,8 milliards de dollars en 2021 –, une croissance économique atone, malgré un soutien constant de la part des institutions de Bretton Woods (36,3 milliards de dollars d’aides versés par le FMI depuis 2022).

Mesure extrême

Ce tableau apocalyptique conduit à une dévaluation répétée du pesos. De quoi favoriser le discours radical de Javier Milei envers cette monnaie. La figure d’extrême droite comparée dans une certaine mesure à Donald Trump, propose en effet d’abandonner cette devise au profit du dollar américain.

Une mesure destinée à l’en croire, à stabiliser l’économie et enrayer l’envolée des prix notamment. Mais le plan n’est pas sans risque pour l’Argentine. Car adopter le célèbre billet vert revient pour le pays à abandonner une partie – et non moins importante – de sa souveraineté.

La conséquence évidente d’une telle situation serait la perte de contrôle des autorités argentines sur leur politique monétaire. C’est en partie à cause des contrecoups de cette mesure que très peu de pays au monde ont franchi le pas de la dollarisation.