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Nouvelle hausse du prix des cigarettes au 1er janvier 2026

Selon un arrêté du 3 décembre 2025 paru sur le site des Douanes le vendredi 12, le prix de nombreux paquets de cigarettes va augmenter à compter du 1er janvier 2026. Certaines marques devraient prendre jusqu’à 50 centimes pour atteindre 13 euros le paquet. Les buralistes dénoncent une hausse qui bénéficiera au marché illégal.

Fumer une clope va coûter plus cher l’année prochaine. Selon un arrêté du 3 décembre 2025, paru sur le site des Douanes le vendredi 12, le prix de nombreux paquets de cigarettes va augmenter à compter du 1er janvier 2026. Certains paquets prendront jusqu’à cinquante centimes de plus. C’est le cas du Winston Blue de 20 unités et du Philip Morris Gold de 20 unités qui passent tous les deux de 12,5 à 13 euros, tandis que celui de Marlboro Red de 20 unités passe de 13 à 13,50 euros.

Des centimes d’euros supplémentaires sur les cigarettes, mais aussi sur le tabac à rouler

Cette hausse des prix ne concerne pas que la cigarette. En effet, Japan Tobacco International (JTI) augmente aussi le tarif de son tabac à rouler. Le fabricant appliquera des augmentations de 10 centimes à plus d’un euro en fonction des références. De son côté, Philip Morris International (PMI) a décidé d’ajouter environ 50 centimes sur son tabac à rouler, notamment sur ses marques premium Marlboro Red et Philip Morris, dont plusieurs références dépassent les 13 euros.

Imperial Brands, dont la filiale française Seita commercialise les marques Fortuna et Gauloises, a choisi pour sa part de relever ses prix de 10 centimes. De son côté, British American Tobacco (BAT, Dunhill, Lucky Strike…) augmente de 10 à 50 centimes une petite dizaine de références.

Une hausse des prix des cigarettes due à l’inflation des coûts logistiques et des déplacements

Ces nouveaux prix sont considérables comparés aux 11 euros imposés sur le paquet de cigarettes en 2022 pour dissuader les fumeurs et diminuer leur nombre en France. Selon Philip Morris, ils s’expliqueraient par plusieurs facteurs, dont une inflation des coûts logistiques et de déplacements, une hausse de la part versée aux buralistes et une augmentation de plus de 75 % de l’éco-contribution. Cette taxe-ci sert à financer l’éco-organisme Alcome qui œuvre à la réduction des mégots dans l’espace public.

Cette augmentation était déjà prévue par le gouvernement

« La hausse reste limitée pour ne pas pousser les acheteurs vers le marché illégal et nous n’augmentons que les cigarettes, pas les produits alternatifs comme la vape que nous souhaitons garder abordables », tente de rassurer PMI. L’entreprise précise qu’elle n’a relevé que le prix des cigarettes classiques suivant une politique qui vise à éviter les « augmentations des produits moins nocifs ». Si Philip Morris avance l’inflation des coûts et les taxes pour justifier les hausses, notons que le programme national de lutte contre le tabagisme prévoyait de toute façon un prix du paquet de cigarettes de minimum 13 euros courant 2026.

Une baisse de plus de 10% des ventes de cigarettes en volume

Selon les autorités de lutte contre le tabagisme en France, les hausses consécutives des prix du tabac portent progressivement leurs fruits. Elles s’appuient sur des chiffres vérifiables. Notamment ceux de l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT), qui indiquait dans un rapport publié en mai 2025 que le tabagisme avait diminué de 7 % en moyenne en France, entre 2017 et 2024. De son côté, les Douanes ont évoqué vendredi des ventes en baisse de plus de 11 % en volume pour la cigarette et de plus de 15 % pour le tabac à rouler, entre novembre 2025 et novembre 2024.

L’État doit faire plus que toucher des taxes

Mais les buralistes ne sont pas contents de la trajectoire que prennent les prix. Le président de la Confédération des buralistes, Serdar Kaya, est monté au créneau pour dénoncer une énième évolution préjudiciable des prix et une nouvelle occasion de fragiliser davantage les commerces au profit de la criminalité organisée. Il appelle l’État à combattre la contrebande et la contrefaçon, au lieu de se contenter de percevoir 87 % de taxes sur le produit. En matière de lutte contre la vente illégale de produits de tabac, la France reste à la traîne, tout comme au niveau de la lutte contre le narcotrafic.