Le marché pétrolier reste sous la menace d’une grave pénurie d’approvisionnement

Le marché pétrolier reste sous la menace d’une grave pénurie d’approvisionnement

Alors que l’Iran et Israël échangeaient à nouveau des frappes ce dimanche, des majors pétrolières ont averti que le marché pétrolier mondial pourrait entrer dans une période de graves pénuries d’approvisionnement dans les prochains mois. Ils attribuent ce risque à la baisse continue des réserves d’or noir liée à l’entrave de la navigation dans le détroit d’Ormuz depuis plusieurs semaines.

Dimanche 7 juin, l’Iran a effectué des tirs de missile contre Israël, les premiers depuis la trêve du 8 avril, en représailles à l’offensive de l’armée israélienne au sud Liban. L’Etat hébreu a riposté immédiatement avec des frappes sur plusieurs villes iraniennes, dont Téhéran. Si les deux parties ont rapidement mis fin aux hostilités, cette nouvelle escalade fait craindre une reprise de la guerre au Moyen-Orient.

Le marché pétrolier légèrement secoué par les frappes de dimanche entre l’Iran et Israël

Au lendemain de ces échanges de tirs, les prix du pétrole ont augmenté de plus de 3 %, à la réouverture des marchés. Le prix du Brent, la référence internationale, a progressé de 3,29 % pour atteindre 96,15 dollars le baril, tandis que le West Texas Intermediate (WTI) progressait de 3,25 % pour s’établir à 93,48 dollars le baril. Ces évolutions ont semé le trouble dans les marchés pétroliers. Et ce malgré l’annonce ce même dimanche par l’OPEP+, de l’augmentation des quotas de production de l’or noir de 188 000 barils par jour au total pour juillet.

Le marché pétrolier mondial ne pourra pas éviter un nouveau choc majeur

Face à ce contexte fébrile, les principales compagnies pétrolières et gazières mondiales mettent en garde contre la hausse du prix du pétrole brut Brent jusqu’à 160 dollars le baril. Si le marché pétrolier mondial a évité jusqu’ici un choc majeur grâce aux réserves commerciales et aux importants lâchers de réserves stratégiques, les majors estiment qu’il pourrait être confronté à plusieurs sources de volatilité dans les prochains mois. En cause, le risque d’une période de graves pénuries d’approvisionnement, dues à la baisse continue des réserves et à l’entrave de la navigation dans le détroit d’Ormuz.

Vers une forte hausse des prix du pétrole dans les prochaines semaines, si la navigation dans le détroit d’Ormuz n’est pas rétablie rapidement

Toril Bosoni, directeur des marchés et des industries pétrolières à l’Agence internationale de l’énergie (AIE), a prévenu que sans l’arrêt du rythme actuel de prélèvement, les stocks mondiaux atteindront des niveaux critiques au moment où la demande de voyages d’été culminera. Et c’est pour bientôt. Mehmet Beceren, vice-président et stratégiste de marché senior chez Rosenberg Research, anticipe, lui, une forte hausse des prix du pétrole au cours de la seconde quinzaine de juin et du troisième trimestre 2026, si la navigation dans le détroit d’Ormuz n’est pas rétablie rapidement. Cette voie maritime assure environ 20 % de la consommation mondiale de pétrole.

Une nouvelle flambée des prix du pétrole accentuera les pressions inflationnistes dans le monde

D’après les experts, une nouvelle flambée des prix du pétrole accentuera les pressions inflationnistes à l’échelle mondiale. Les banques centrales seront alors contraintes de maintenir des politiques monétaires restrictives plus longtemps que prévu. Ce choix entraînera une hausse des coûts de production, de transport et de la vie quotidienne. Il pourrait aussi réduire le pouvoir d’achat des ménages et accentuer la pression sur une croissance déjà fragile. Joseph Tanious, directeur de la stratégie d’investissement chez Northern Trust Asset Management, estime que même les États-Unis, exportateur net d’énergie, ne seront probablement pas épargnés par les répercussions à long terme. Donald Trump aurait donc intérêt à mettre fin à sa guerre au Moyen-Orient.