Zone euro : les entreprises ne paniquent pas, malgré le contexte troublé
Alors que le conflit au Moyen-Orient fait flamber les prix de l’énergie, les entreprises de la zone euro ne paniquent pas. Selon une enquête de la BCE publiée lundi, elles prévoient un ralentissement des hausses des prix de vente et des salaires l’année prochaine. Ces prévisions indiquent que la récente remontée de l’inflation n’a pas encore eu d’effets de second tour sur les prix.
La Banque centrale européenne (BCE) a dévoilé lundi une enquête menée auprès de plus de 5000 sociétés de la zone euro. Elle y rapporte que les patrons européens ne s’affolent pas face au conflit au Moyen-Orient qui fait flamber les prix de l’énergie. Les dirigeants interrogés prévoient que les prix de vente augmenteront en moyenne de 3,2% sur les douze prochains mois. C’est moins que la hausse de 3,5% anticipée il y a seulement trois mois. Dans le même temps, les coûts des intrants et de l’énergie hors salaires devraient progresser de 5,2%, contre 5,8% précédemment.
La récente poussée de l’inflation n’a pas encore eu d’effets de second tour sur l’économie de la zone euro
Du côté des salaires, les décideurs ont dit tabler désormais sur une hausse de 2,5% en moyenne, contre 2,8% au trimestre précédent. Ils craignaient qu’une croissance persistante des prix fasse remonter les anticipations d’inflation et déclenche des revendications salariales plus fortes. Ce qui pourrait créer un cercle difficile à rompre de hausse des prix et des salaires. La BCE se réjouit de la situation, elle qui redoutait que des augmentations massives de salaires fassent grimper l’inflation. Selon l’institution européenne, ces résultats confirment que la récente poussée de l’inflation, principalement due à la hausse des coûts énergétiques, n’a pas encore généré d’effets de second tour sur l’économie de la zone euro.
L’inflation dans la zone euro oscille autour de 3%
Pour ce qui concerne les anticipations d’inflation des entreprises, elles restent globalement inchangées. Les prévisions à un an et à trois ans se sont stabilisées à 3,0 %, tandis que les attentes à cinq ans passent de 3,0 % à 3,1 % par rapport à l’enquête de mai. Pour la BCE, la perspective d’inflation relativement stable suggère que les firmes continuent de s’attendre à ce que la hausse des prix reste supérieure à son objectif d’inflation à moyen terme, même si les attentes de hausse de coûts à court terme deviennent plus modérées. Actuellement, l’inflation dans la zone euro oscille autour de 3%, en raison des coûts élevés de l’énergie. Ce niveau est bien supérieur à l’objectif de 2% fixé par la banque centrale.
Les analystes s’attendent à un nouveau tour de vis sur les taux directeurs
Désormais, la BCE observe si la tendance va durer. Elle a relevé ses taux en juin et devrait les laisser inchangés dans les prochaines semaines. Mais la reprise des hostilités au Proche-Orient et la nouvelle montée des cours du pétrole alimentent les spéculations sur une nouvelle hausse du taux de dépôt, actuellement à 2,25 %. Au vu contexte géopolitique, certains analystes parient déjà sur un nouveau tour de vis de l’institution en septembre. Les prochains mois nous diront si ce répit sur les prix et les salaires résiste au conflit dans le détroit d’Ormuz. La BCE doit tenir sa réunion de politique monétaire plus tard cette semaine.
