Fiscalité et contrebande : les buralistes de France se mobilisent à la rentrée pour sauver leur réseau

Fiscalité et contrebande : les buralistes de France se mobilisent à la rentrée pour sauver leur réseau

À la rentrée, la Confédération des buralistes et ses fédérations départementales se mobilisent partout en France pour faire entendre leur voix et exiger des mesures concrètes, afin de sauver leur métier confronté à une fiscalité forte et à de la contrebande. Des rassemblements régionaux sont programmés à Muret, Redon, Givors, Saverne et Salon-de-Provence. Pour les professionnels, l’heure n’est plus uniquement au dialogue face à l’inaction du gouvernement.

Du 7 au 11 septembre, les buralistes de France se mobilisent partout sur le territoire, à l’appel de leur Confédération qui a décidé d’initier ce mouvement lors d’un Conseil d’administration tenu fin juillet. Cette mobilisation nationale vise à faire entendre la voix des commerces face à deux réalités qui ne peuvent plus être ignorées selon eux : le matraquage fiscal et la vente illégale. « Ce n’est pas une mobilisation contre quelqu’un, mais une mobilisation pour défendre un réseau de proximité, ses entreprises, ses salariés et les territoires qu’il fait vivre. », a précisé Kliph Cruz, président de la Fédération des buralistes du Loir-et-Cher (Centre-Val de Loire).

Une manifestation prévue dans la ville de Sébastien Lecornu

L’action collective des buralistes de France prendra la forme de 5 rassemblements régionaux et d’un rassemblement national. Les rassemblements régionaux sont programmés à Muret (près de Toulouse) le 7 septembre, à Redon (près de Rennes et Nantes) le 7 septembre, à Givors (près de Lyon) le 8 septembre, à Saverne (près de Strasbourg) le 8 septembre et à Salon-de-Provence (près de Marseille) le 9 septembre. Quant au rassemblement national, il se tiendra à Vernon (ville de Sébastien Lecornu où il est toujours premier maire adjoint), le 11 septembre. Tous ces événements se tiendront entre 10 heures 30 et 13 heures. Depuis une semaine, les fédérations départementales font le rappel des troupes sur les réseaux sociaux.

Les buralistes refusent que leur réseau serve de variable d’ajustement pour les politiques publiques

Au cours de cette semaine de mobilisation nationale à la rentrée, la Confédération des buralistes compte dénoncer la pression fiscale sur leur métier. Elle refuse que le réseau serve de variable d’ajustement pour les politiques publiques en quête d’argent pour réduire la dette française. L’organisation pointe également l’insécurité et la contrebande.

En effet, la profession fait face à une hausse des cambriolages et des agressions ainsi qu’à un marché illégal du tabac très actif. En 2025, près de 548 tonnes de tabac ont été saisies en France (+12% par rapport à l’année précédente), ce qui représenté près de 190,13 millions d’euros de pertes. D’après les buralistes, ces chiffres confirment l’installation durable d’une économie parallèle qui fragilise le monopole légal et menace le rôle d’un réseau de 22 500 professionnels.

Les buralistes font des propositions au gouvernement

La Confédération critique en outre l’absence de réponses de la part du gouvernement. Ce dernier n’aurait pas réagi aux récentes demandes du terrain. L’organisation dirigée par Serdar Kaya demande notamment le gel de la fiscalité du tabac, avec un moratoire ferme sur plusieurs années, ainsi que la fin de l’indexation automatique du prix du tabac sur l’inflation, qui entraîne mécaniquement de nouvelles hausses et alimente davantage encore les achats hors du réseau légal. Contre la fraude, elle souhaite une mobilisation renforcée des moyens douaniers et une transparence accrue sur les résultats des saisies. La Confédération estime que ces mesures sont indispensables pour stopper une spirale qui met en péril une profession essentielle pour la société.