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Le cri d’alarme du maire de Londres face au contrecoup du Brexit

Sadiq Khan voit à travers la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, l’une des origines de la situation économique difficile actuelle du pays.

Le maire de Londres n’en peut plus de voir son pays en dehors de l’Europe. En témoigne sa sortie tonitruante sur le sujet, jeudi 11 janvier dernier. L’édile de la capitale a plaidé, dans un communiqué remarqué, le retour du Royaume-Uni au sein de l’Union.

Une position motivée, à l’en croire, par « les conséquences catastrophiques » de la sortie historique et non moins fracassante des Britanniques de l’UE, fin décembre 2020, soit quatre ans après le référendum l’ayant officiellement entérinée.

« Nous devons être honnêtes, le Brexit n’est pas une préoccupation périphérique que nous pouvons laisser au passé. C’est un facteur-clé de la crise du coût de la vie« , indique le maire, s’appuyant sur les données d’une nouvelle étude commanditée en 2018 à Cambridge Econometrics par ses services sur l’impact du Brexit.

Des pertes colossales

Le rapport compare notamment deux scénarios, l’un réel et l’autre hypothétique. C’est-à-dire celui où le Royaume-Uni a quitté l’union douanière et le marché unique européens, à celui qui voit le pays demeuré au sein de l’UE. Et le résultat est sans appel.

Il évoque 140 milliards de livres de PIB en moins pour le pays au plan national depuis 2016, dont près du quart concernant Londres. À en croire Cambridge Econometrics, ce chiffre pourrait atteindre 300 milliards de livres sterling à l’horizon 20235 si les choses demeurent en l’état.

La situation n’est pas plus reluisante s’agissant des emplois, puisque l’étude met le Brexit en cause dans la destruction de deux millions d’emplois au total au Royaume-Uni, dont 300 000 dans la capitale.

Instrumentalisation politique ?

De quoi motiver les pourfendeurs du Brexit à vouloir retourner dans l’Union. D’autant que l’institut Opinium indiquait, dans un sondage réalisé en décembre dernier, que seuls 22% des Britanniques avaient une opinion positive de la rupture avec l’Europe au regard de la situation actuelle du pays.

Reste que tout le monde ne semble pas partager le catastrophisme de Sadiq Khan, élu travailliste. À commencer par son parti où la question suscite des divisions, bien que le leader Keir Starmer a annoncé vouloir renégocier l’accord de libre-échange avec l’UE en cas de retour au pouvoir en 2025.

Mieux, le Downing Street défend l’idée selon laquelle que la situation économique au Royaume-Uni serait meilleure à nombre d’États membres de l’Union européenne.