Baromètre AMF : pourquoi les femmes investissent moins que les hommes en bourse ?

Selon le dernier baromètre AMF sur l’épargne et l’investissement, 24 % des femmes déclaraient détenir des investissements en bourse en 2025, contre 45 % des hommes. Cet écart s’expliquerait par une plus grande aversion au risque, mais aussi par des inégalités de revenus, une moindre confiance et des priorités budgétaires différentes. Pour combler ce fossé, l’institution demande de renforcer l’éducation financière et d’adapter l’offre de produits.
L’Autorité des marchés financiers (AMF) vient de publier une édition spéciale de son baromètre de l’épargne et de l’investissement, consacrée aux placements financiers des femmes. Menée auprès d’un échantillon représentatif d’épargnants français, ce focus analyse les attitudes et perceptions des femmes face à l’investissement. Comme enseignement général, il note qu’elles étaient deux fois moins nombreuses que les hommes à investir en bourse en 2025.
Près de deux fois moins de femmes investissent en bourse que les hommes selon le baromètre AMF
L’année dernière, seulement 24 % des femmes détenaient des investissements dits « en direct », contre 45 % des hommes. Dans le détail, elles représentaient 38 % des investisseurs en bourse, 36 % des investisseurs en financement participatif et 26 % des investisseurs en crypto-actifs. Si les femmes restent massivement moins nombreuses à investir, on observe toutefois une évolution depuis plusieurs années. Il y a eu une hausse de 21 % en 2023, de 23 % en 2024 et de 24 % en 2025, signe d’une progression lente mais réelle. Malgré cette croissance constante, leur participation reste mineure en bourse.
Des écarts de revenus en partie à l’origine du problème
L’AMF a plusieurs explications à cette place minoritaire. L’institution financière pointe d’abord l’écart des revenus. D’après l’Insee, le revenu salarial moyen des femmes dans le secteur privé en 2024 était inférieur de 21,8 % à celui des hommes, et de 14% même à temps de travail identique. Or, quand on a des revenus plus faibles, on a forcément moins d’argent à épargner. Le réflexe naturel consiste plus souvent à sécuriser cet argent plutôt qu’à l’investir. Ce choix se comprend d’autant plus que les femmes restent davantage exposées au temps partiel, aux carrières hachées et à une pression budgétaire plus forte dans la vie quotidienne.
Les femmes plus prudentes et moins impulsives
Outre l’écart de revenus, l’AMF relève une aversion naturelle au risque et un manque de confiance en soi financière chez les femmes. Elles se montrent plus prudentes que les hommes, surtout lorsqu’elles jugent ne pas avoir suffisamment d’informations pour faire des placements. Pourtant, elles sont autant informées que leurs collègues masculins, constate l’organisme. Il ne s’agirait donc pas d’une incompétence de leur part. Leur prudence traduirait plutôt une approche plus méthodique, plus disciplinée, plus préparée, plus cohérente et moins impulsive. Ainsi, lorsqu’elles se lancent, les femmes misent sur la diversification, la régularité, le long terme et une limitation des transactions inutiles.
Le baromètre AMF fait des propositions
Marie-Anne Barbat-Layani, la présidente de l’AMF, affirme que « le sous-investissement des femmes est un problème majeur », parce que c’est « un manque à gagner pour les femmes qui sont moins armées pour assurer leur autonomie financière et leur avenir. Plus largement, elle estime qu’il s’agit d’« un manque à gagner pour l’économie qui a besoin de plus d’investissements ».
Fort de cela, l’ex secrétaire générale à Bercy juge « essentiel que le monde financier s’intéresse davantage aux femmes et les encourage à prendre en main leurs finances. ». Pour combler le fossé, l’AMF recommande une éducation financière ciblée, des produits adaptés et une sensibilisation culturelle des femmes. Ces stratégies favoriseraient l’inclusion financière et la croissance économique.



































