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Poutine en Chine pour balayer derrière Trump ?

Poutine et Xi Jinping

Le président russe Vladimir Poutine a quitté mercredi soir la Chine, à l’issue d’une visite de deux jours, au cours de laquelle il s’est entretenu avec son homologue chinois Xi Jinping. Les deux dirigeants ont discuté de relations bilatérales, de la guerre entre les États-Unis et l’Iran, ainsi que de questions énergétiques. Ce déplacement intervient une semaine après celui du président américain Donald Trump.

Le président russe Vladimir Poutine vient d’effectuer une visite officielle de deux jours à Pékin, dans le cadre du 30e anniversaire du partenariat de coordination stratégique entre la Russie et la Chine. Arrivé mardi dans la capitale chinoise, il a été accueilli par le ministre des Affaires étrangères Wang Yi, avant de rejoindre la résidence d’État de Diaoyutai. Dans ce complexe d’hébergement pour les chefs d’État et dignitaires étrangers, le maître du Kremlin a rencontré son homologue chinois Xi Jinping.

En Chine, Vladimir Poutine était accompagné d’une importante délégation

Vladimir Poutine et Xi Jinping se sont retrouvés mercredi pour des discussions portant sur les relations bilatérales, la guerre entre les États-Unis et l’Iran, ainsi que sur les questions énergétiques. Sur ce dernier point, les deux dirigeants ont évoqué notamment les hydrocarbures, les livraisons de gaz et le projet de gazoduc « Power of Siberia 2 ». Ils ont aussi signé une déclaration conjointe ainsi que plusieurs accords à l’issue des entretiens. Lors de cette visite officielle, le président russe était accompagné d’une importante délégation composée de responsables politiques et de chefs d’entreprise. Son dernier voyage à l’étranger remontait à septembre 2025, toujours en Chine.

La Russie consolide ses liens avec la Chine, après le départ de Donald Trump

À la veille de son arrivée en Chine, le président russe avait qualifié son homologue chinois de « bon ami de longue date ». Il a affirmé que les relations entre Moscou et Pékin avaient atteint un niveau « sans précédent » et que ce partenariat « n’est dirigé contre personne ». Vladimir Poutine a également salué les relations économiques entre les deux pays, rappelant que les échanges commerciaux bilatéraux avaient dépassé les 200 milliards de dollars et que les règlements s’effectuaient désormais « presque entièrement en roubles et en yuans », se passant ainsi du dollar américain. Avec ce nouveau voyage à Pékin, la Russie espère avoir consolidé les liens avec la Chine dans un contexte de guerre en Ukraine et en Iran.

Le voyage du président russe ressemble davantage à une visite d’urgence

Ce déplacement de Vladimir Poutine intervient une semaine après celui du président américain Donald Trump (du 13 au 15 mai). C’est la première fois que Pékin reçoit, au cours d’un même mois et hors cadre multilatéral, les présidents russe et américain. Si le voyage du dirigeant russe était prévu de longue date, son arrivée à Pékin dans les pas du locataire de la Maison Blanche fait penser à une visite d’urgence. C’était comme s’il cherchait à reprendre rapidement contact avec l’allié chinois, après le passage de l’homologue américain. Cela fait penser à la visite illico presto d’un homme chez une femme courtisée, après le départ du rival, histoire d’effacer les traces de ce dernier (toutes les belles paroles qu’il a dites).

Vladimir Poutine n’est pas le seul dirigeant à courir à Pékin

Notons que la Russie n’a plus que la Chine comme grand allié. Elle n’a donc pas intérêt à perdre Pékin, qui joue malheureusement sa propre carte. Aujourd’hui, ce sont les Russes qui ont le plus besoin des Chinois, pas l’inverse. Cette dépendance de Moscou fait courir Poutine à Pékin, alors que Xi Jinping n’a plus mis les pieds en terre russe depuis un an.

Mais le président russe n’est pas le seul à faire le déplacement en Chine. Tout le monde se bouscule à la porte de Pékin. Trump y était il y a une semaine. Avant lui, le chancelier allemand Friedrich Merz avait fait le voyage fin février 2026 et le premier ministre britannique Keir Starmer un mois plus tôt. Quant au président français Emmanuel Macron, il s’y était rendu en décembre 2025. En recevant tous ces dirigeants en quelques mois seulement, la Chine devient véritablement l’Empire du milieu, le carrefour du monde.