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Fed : Jerome Powell survit à la bourrasque

Le président de la Réserve fédérale voit son mandat prolongé de quatre années supplémentaires malgré de fortes critiques. Son bilan et le contexte économique mondial l’y ont sans doute aidé.

Statu quo à la Réserve fédérale américaine (Fed). Le président Joe Biden attendu à propos de la fin de mandature de la banque centrale, a finalement décidé d’accorder sa confiance au patron sortant, Jerome Powell, pour les quatre prochaines années, lundi 22 novembre. Le chef de l’État américain renoue ainsi avec une tradition qui voulait que le président de la Fed soit, en cas de besoin, reconduit par le locataire de la Maison Blanche quelle que soit sa tendance politique.

Une tradition rompue par Donald Trump en 2008 qui avait préféré à ce poste stratégique l’actuel président à son prédécesseur démocrate, Janet Yellen. Ironie du sort, cette dernière devenue secrétaire d’État américaine au Trésor suite à l’élection de Biden, fait aujourd’hui partie des soutiens de celui que l’on surnomme « Jay » Powell.

Contexte tendu

Et cela a son importance au regard de l’adversité suscitée par Powell ces derniers mois malgré un bilan honorable dans un contexte extrêmement complexe. L’ancien avocat n’aura en effet presque jamais connu de situation « facile » durant son mandat. Celui qui de l’avis de Reuters, ne se rêvait point en patron de la Fed un jour, avait très vite été confronté aux critiques de son promoteur très vite après sa nomination. En cause, sa propension à réduire la dépendance de l’économie américaine vis-à-vis de la banque centrale via des hausses d’intérêts que Donald Trump goûte peu. S’ensuit la crise du Covid consécutive à une guerre commerciale sino-américaine qui a connu un pic sous l’ancienne administration.

Mais l’homme de 68 ans a tenu bon en jouant notamment sur les taux d’intérêts et des acquisitions d’obligations à un rythme soutenu. Au risque d’être accusé d’inflationniste. D’autant que cette dernière est, avec un taux de 6,2% en octobre, à un niveau jamais connu depuis trois décennies.

Pari de la stabilité

Certains parmi les démocrates ont de fait, ouvertement milité pour sa non-reconduction à la tête de la Fed. La sénatrice du Massachusetts Elizabeth Warren l’a même qualifié de personnage dangereux pour l’économie américaine.

Toutes ces critiques auraient pu convaincre Biden de miser sur un nouveau cheval. Mais le successeur de Trump a préféré le choix de la stabilité dans cette tempête qui s’annonce. Car si les quatre dernières années ont paru longues et difficiles pour Jay, les prochaines risquent de l’être tout autant. Son objectif de maintien du taux d’inflation à 2% nécessitera de grandes décisions.