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L’IA, le paravent parfait pour cacher les plans sociaux ?

L’IA, le paravent parfait pour cacher les plans sociaux ?

Ces deux dernières années, l’intelligence artificielle a été régulièrement citée pour justifier des licenciements. Se faisant, l’IA passe désormais pour une faucheuse d’emplois, au lieu d’être une aide au travail. Mais Sam Altman ne croit pas que cette technologie est responsable des suppressions de postes annoncées. Le patron d’OpenAI, startup à l’origine de ChatGPT, estime que l’IA est l’excuse parfaite trouvée par les entreprises pour masquer des plans sociaux et des erreurs de stratégie.

Depuis l’apparition de ChatGPT, qui a propulsé l’intelligence artificielle au-devant du grand public, l’IA passe pour la grande fossoyeuse d’emplois. Et pour cause, plusieurs entreprises la brandissent pour justifier des licenciements, parfois massifs. Elles expliquent vouloir rationaliser les ressources humaines et améliorer la productivité grâce à l’automation. Klarna en est un exemple. La fintech renvoie à tour de bras depuis plusieurs mois, pour laisser place à l’IA. Et son PDG Sebastian Siemiatkowski affirme ce choix. Il vise une réduction d’un tiers de son effectif de 3 000 personnes d’ici 2030. Selon le rapport du WEF sur l’avenir de l’emploi 2025, environ 40 % des employeurs ont prévu de suivre la même voie.

L’IA sert de prétexte à des licenciements prévus d’avance, selon Sam Altman

Mais Sam Altman trouve trop simpliste de mettre tout sur le dos de l’intelligence artificielle.
Lors de l’India AI Impact Summit, le 19 février 2026, le patron d’OpenAI a déclaré qu’« il y a une certaine tendance à « blâmer l’IA » lorsque des personnes attribuent à cette technologie des licenciements qu’elles auraient de toute façon effectués ». En d’autres mots, il estime que les entreprises se cachent derrière cette innovation pour réaliser sans heurts des plans sociaux prévus d’avance. Cette stratégie est baptisée « AI washing ». Elle consiste à invoquer l’intelligence artificielle pour une rationalisation des ressources humaines et de meilleures performances.

Des faits récents donnent raison au PDG d’OpenAI

La déclaration de Sam Altman peut faire sourire, car c’est un avocat de l’IA. Son outil ChatGPT a besoin d’être massivement adopté. Il doit donc éviter de faire porter le chapeau des licenciements à l’intelligence artificielle. Un peu comme un brasseur doit éviter de pointer les effets négatifs de la bière sur la santé. Toutefois, certains faits récents tendent à donner raison au fondateur d’OpenAI. On se rappelle notamment qu’à l’automne dernier, Amazon avait attribué la suppression de 14 000 emplois à l’adoption croissante de l’IA, avant de revenir partiellement sur cette justification. Le géant du e-commerce avait alors parlé d’un besoin de restructuration après la période du Covid.

L’IA créera-t-elle des emplois aussi vite qu’elle en détruit ?

Néanmoins, Sam Altman reconnait que l’intelligence artificielle détruit bel et bien certains types de postes. Ce qui est vrai. D’après le cabinet de conseil Challenger, Gray & Christmas, 55 000 emplois ont été supprimés aux États-Unis en 2025 à cause de cette technologie. Le créateur de ChatGPT promet toutefois que l’IA fera « apparaître de nouveaux types d’emplois comme à chaque révolution technologique. ». Si c’est indéniable, la question est maintenant de savoir à quel rythme cette innovation créera des postes ? En créera-t-elle aussi vite qu’elle en détruit ? Combien de temps donnera-t-elle aux travailleurs pour s’adapter, se former ? Les nouveaux métiers seront-ils aussi nombreux que ceux qui disparaissent ? Ce sont là des questions légitimes que se posent les actifs actuellement.